Pourquoi ne s’agit-il pas d’une médecine ?

Ce qu’Alexander a montré, c’est que ce n’est pas essentiellement notre corps qui est fautif mais la commande de notre corps. Quand cette commande est faussée, quelques exercices que nous fassions, c’est cette commande fausse que nous exercerons. Nous avons appris, consciemment ou inconsciemment, par imitation ou à notre insu, par négligence ou par répétition, une manière de faire et de réagir qui est devenue une manière d’être. Il va falloir désapprendre ce que nous avons appris qui est faux. Le coeur de l’enseignement d’Alexander est d’apprendre à ne pas faire ce qui est incorrect ou, mieux de désapprendre nos manières habituelles qui sont fausses.

Et si cela a un impact immense sur notre santé et notre vitalité, cela n’implique pas qu’il s’agit de médecine. Si quelqu’un en se servant d’un marteau se tape sur les doigts de façon répétitive, la médecine a pour  tâche de soigner la plaie, mais celui qui apprend à ne plus se taper sur les doigts ne rentre pas dans le cadre de la médecine même si les doigts guérissent alors.

 [Alain Jacques]

Comment de déroule une leçon Alexander ? (2)

La méthode est enseignée en cours individuels. L’apprentissage pratique a lieu lors des premières leçons au moyen d’actions simples qui sollicitent l’équilibre et la coordination de l’ensemble du corps. Tout d’abord, comment ne pas réagir instinctivement à l’intention de s’asseoir en adoptant une pensée attentive à soi-même et tout particulièrement à son cou. Puis c’est la mise en œuvre de ce qu’Alexander désigne comme une direction mentale qui permet d’amorcer le mouvement tout en évitant la réponse neuromusculaire habituelle. Les mains de l’enseignant favorisent une forme de détente, tout à fait spécifique à la méthode, qui sollicite les muscles dans leur longueur. L’élève repère les zones tendues de son corps et, aidé par les conseils et ce toucher subtil, découvre comment permettre au cou de relâcher ses tensions inutiles et à la tête d’acquérir une direction vers l’avant et vers le haut par rapport au dos qui s’allonge et s’élargit. Son corps devient plus équilibré et mieux aligné. Il apprend à encourager cette expansion quand il s’assoit et se lève de la chaise mais aussi à rester assis sur ses ischions d’une manière qui sollicite l’activation réflexe de toute la musculature du tronc.

On lui enseigne enfin à rester debout et à marcher avec une tête équilibrée en haut d’une colonne vertébrale souple et allongée, le poids du corps également distribué sur les deux pieds et les articulations sacro-iliaques et coxo-fémorales libres.

Au fil des leçons, les muscles deviennent plus souples et plus équilibrés les uns par rapport aux autres, les articulations plus libres, tandis que la respiration s’améliore. Calme, stabilité émotive, clarté de pensée apparaissent en même temps que l’élève découvre comment accomplir ses activités avec moins d’efforts, plus de plaisir et une plus grande mobilité.
Il est incité à communiquer ses nouvelles perceptions qui s’organisent autour de la colonne vertébrale, l’axe central, afin de mieux les intégrer.

[Marie-Claude Maisonneuve]

Qu’est-ce qui différencie la Technique Alexander d’autres approches (Méthode Feldenkrais, Eutonie, Yoga, …)

Il est difficile de comparer des techniques psycho-somatiques. Aussi est-il plus intéressant de décrire en quelques mots ce qui caractérise la Technique Alexander :

Quel est le rapport de la Technique Alexander avec le Yoga ?

Le Yoga vise la réalisation complète de notre être, la paix de l’esprit et le bonheur permanent. La Technique Alexander, plus modestement, propose l’élimination de certains obstacles que nous nous mettons nous-mêmes sur notre chemin ; elle nous rend plus maîtres de nous, moins anxieux, plus détendus ; elle nous aide à nous respecter, à nous traiter avec amour, et en conséquence à traiter les autres de même. Ainsi la Technique Alexander va dans le même sens que le Yoga ou les voies spirituelles, mais elle reste une technique pragmatique acceptable par tous. Elle est totalement indépendante de toute croyance et idéalement adaptée à l’individu d’aujourd’hui dans ses conditions de travail et de vie quotidiennes. [Alain Jacques]

Comment se déroule une leçon de Technique Alexander ? (1)

Pendant un cours le professeur incite l’élève à réagir à une situation donnée : s’asseoir, se lever, perdre son équilibre, jouer d’un instrument s’il s’agit d’un élève musicien Guidé par les mains du professeur  ainsi que par ses observations verbales, l’élève prend conscience de sa manière habituelle de faire,  avec tous ses tics et compensations. Et ce qui est habituel n’est pas forcément naturel! De façon ludique, en s’investissant dans des expériences et sensations nouvelles, l’élève acquiert les moyens kinesthésiques de réagir d’une façon neuve à toute situation. Selon Alexander, la relation dynamique entre la tête, le cou et le dos détermine la coordination globale de l’individu.

(Pedro de Alcantara, professeur à Paris) 

Technique Alexander : de quoi s’agit-il ?

Depuis plus de 100 ans, des dizaines de milliers de personnes ont utilisé la Technique F.M. Alexander pour :

  • développer leur présence, détente, tonicité
  • optimiser leur capacité de réflexion
  • améliorer leur état général
  • apaiser et prévenir le mal de dos
  • éviter les effets nocifs du stress

La Technique Alexander (du nom de son fondateur, Frederick Matthias Alexander -1869/1955 -, comédien d’origine australienne) est l’enseignement d’un meilleur « usage de soi ». Avec les années, nous adoptons des habitudes, certaines utiles, d’autres, entraînant à notre insu des tensions nuisibles et des obstacles à l’utilisation optimale de nos capacités.

En apprenant à changer nos réactions habituelles face aux exigences de la vie moderne, nous réapprenons à accomplir nos tâches, avec plus de facilité et de plaisir. La Technique nous apporte une meilleure fiabilité de nos sensations et perceptions et développe une plus grande conscience de nos gestes, nos actes, notre manière de faire et d’être.

Elle est principalement enseignée en leçons individuelles. Des stages peuvent constituer une excellente introduction à cette méthode.

Le praticien, grâce à un toucher subtil et des indications verbales, guide l’élève vers le changement dans sa manière de penser le mouvement, ce qui affine son sens de l’observation ainsi que sa conscience de lui-même et de ce qui l’entoure. Ce travail peut s’effectuer à partir d’activités simples de la vie quotidienne ou complexes de la vie professionnelle, artistique, sportive…